Située sur le front de mer de la ville d’Alger, dans le quartier connu sous le nom de « Qaâ Es-Sour », la batterie de canons (At-Tabana) a été édifiée en 1576 par Mami Arnaout, l’un des célèbres capitaines de la marine algérienne de l’époque, sur ordre de Ramdane Pacha. Sa construction avait pour objectif de renforcer le système défensif de la ville et de protéger sa façade nord-ouest contre toute invasion ou attaque maritime. Cette batterie est composée de quatre pièces d’artillerie alignées sur les remparts et orientées vers la mer, faisant d’elle un élément essentiel des fortifications défensives de la ville.
Le quartier de « Qaâ Es-Sour », où se situe aujourd’hui le Palais des Raïs, constitue l’unique témoin de l’extension urbaine de la Casbah d’Alger vers le littoral. Il reflète un pan important de l’histoire maritime et militaire de la ville durant la période ottomane.
Ce quartier comprend trois palais – le Palais 17, le Palais 18 et le Palais 23 – ainsi que des espaces ouverts, des passages couverts (sabat), la batterie de canons, les maisons des marins, la mosquée de Qaâ Es-Sour et le chemin de ronde.
Le site a été classé monument historique en 1909. Il fait également partie du secteur sauvegardé de la Casbah d’Alger, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
1750
Date de construction du Palais 18
La construction du Palais 18 remonte à l'année 1750. En 1797, il fut acquis par le Khaznadji Kara Mustapha, avant d'être acheté l'année suivante, en 1798, par le Dey Mustapha Pacha, qui en fit sa résidence officielle. À partir de 1800, les Palais 23 et 17 furent édifiés à proximité, formant ainsi un ensemble architectural remarquable.
1962>
Le Palais des Raïs après l'indépendance
Après l'indépendance de l'Algérie, le Palais des Raïs a servi de résidence à plusieurs familles algériennes jusqu'en 1981, date à laquelle il a été évacué de ses occupants afin de permettre sa restauration par le ministère de la Culture.
1987
Travaux de restauration du Palais des Raïs
Après avoir servi de résidence à plusieurs familles algériennes, le Palais des Raïs a connu une importante dégradation de son état de conservation. Au début des années 1980, le ministère de la Culture a procédé à l'évacuation des occupants afin de permettre sa restauration. À la suite d'études et de diagnostics réalisés sur le terrain par des spécialistes et des experts algériens et turcs, les travaux de restauration ont été lancés en 1987. Ils ont été confiés à l'entreprise italienne SCI-MBM, en coordination avec des experts algériens et sous la supervision de l'UNESCO. Les travaux ont effectivement débuté en 1988.
2022
Le canon
Il s'agit d'un canon de calibre moyen, connu sous le nom de « Djaâb », utilisé à bord des navires pour démolir les fortifications et les remparts. Il porte le numéro d'inventaire 95 et a été restauré en 2022 par des spécialistes de la restauration du patrimoine. Ce canon est constitué d'un tube, ou fût cylindrique, d'une longueur de 1,90 mètre, fabriqué en fer. Son poids est estimé à environ 480 kg et son calibre est de 90 mm. Le fût est composé de quatre sections, tandis que le diamètre de sa bouche est d'environ 9 cm.






